17/04/2015

Patrick Deville récompensé pour son oeuvre

Samedi soir, un peu avant le gala de clôture du Festival Arte Mare, Patrick Deville se voyait remettre dans la salle des congrès du théâtre, le Prix Ulysse pour l'ensemble de son oeuvre. Sur scène, Patrick Deville était accompagné de François-Michel Durazzo qui menait les débats et de la comédienne Marie-Joséphine Susini (Zouzou) qui a lu plusieurs extraits de "Viva" dernier roman de l'auteur.

 

Bastia : Patrick Deville récompensé pour son œuvre

Viva" est le cinquième livre de la série "Sic Transit Gloria Mundi" (Ainsi passe la gloire du monde) qui en comptera dix. Sont donc déjà parus à ce jour, aux éditions du Seuil dans la collection Fictions & Cie : "Pura Vida, Vie et mort de William Walker", "Equatoria", "Kampuchéa", "Peste et choléra" et "Viva".

François-Michel Durazzo, dans son introduction, faisait remarquer que ce Prix Ulysse était très judicieusement décerné à Patrick Deville qui est un écrivain voyageur à l'oeuvre foisonnante. Ce dernier livre "Viva" conduit le lecteur au Mexique, pays dans lequel s'est rendu Patrick Deville qui marche toujours sur la trace des personnages de ses livres, ici plus particulièrement Trotsky et Malcolm Lowry. Mais l'auteur est aussi allé en Orient, en Afrique, en Amérique Latine à maintes occasions...
Patrick Deville s'est lancé dans la rédaction d'une longue série de livres depuis dix ans. Il définit lui même ses oeuvres comme étant des romans d'aventures sans fiction. Ce sont des romans au point de vue de l'écriture et de la langue. Ces livres ont la particularité de tous débuter en 1860 et de se terminer de nos jours. C'est une sorte de forage littéraire sur un siècle et demi, avec des personnages qui reviennent de livre en livre parfois. On y retrouve beaucoup d'écrivains, de peintres, de scientifiques mais aussi des anonymes. Ces livres interrogent sur l'idée d'utopie, de progrès. Il n'est pas obligatoire de les lire dans leur ordre de parution, car ils sont indépendants les uns des autres.
Patrick Deville travaille à plusieurs de ses livres simultanément.
En ce qui concerne "Viva", les deux personnages principaux sont Trotsky et Malcolm Lowry. D'un côté donc un homme ayant rempli un rôle capital dans la politique, très engagé dans l'histoire son pays, et d'autre part un écrivain, admirateur de Trotsky, qui aurait bien aimé jouer un rôle de premier plan en s'engageant par exemple au côté des républicains pendant la guerre d'Espagne, mais qui ne l'a pas fait car il a été occupé pendant des années à écrire son chef d'oeuvre, lu et apprécié dans le monde entier "Au-dessous du volcan".
Trotsky est quant à lui devenu un personnage mythique à cause de son assassinat le 21 août 1940, à Mexico, d'un coup de piolet à l'arrière du crâne. Sa maison-musée du quartier de Coyoacàn restera inchangée après sa mort témoignant de l'existence de cet homme politique et révolutionnaire en exil.
Ces livres de Patrick Deville tendent à démontrer qu'au delà des échecs, des batailles, des morts, ce qui subsiste c'est l'œuvre!

Quatrième de couverture 
"En brefs chapitres qui fourmillent d'anecdotes, de faits historiques et de rencontres ou de coïncidences, Patrick Deville peint la fresque de l'extraordinaire bouillonnement révolutionnaire dont le Mexique et quelques-unes de ses villes (la capitale, mais aussi Tampico et Cuernavaca) seront le chaudron dans les années 1930.
Les deux figures majeures du roman sont Trotsky, qui poursuit là-bas sa longue fuite et y organise la riposte au procès de Moscou tout en fondant la IVe Internationale, et Malcolm Lowry, qui ébranle l'univers littéraire avec son vertigineux "Au-dessous du volcan". Le second admire le premier; une révolution politique et mondiale, ça impressionne. Mais Trotsky est lui aussi un grand écrivain, qui aurait pu transformer le monde des lettres si une mission plus vaste ne l'avait pas requis.
On croise Frida Kahlo, Diego Rivera, Tina Modotti, l'énigmatique B. Traven aux innombrables identités, ou encore André Breton et Antonin Artaud en quête des Tarahumaras. Une sorte de formidable danse macabre où le génie conduit chacun à son tombeau. C'est tellement mieux que de renoncer à ses rêves."

Deux extraits lu par Marie-Joséphine Susini :
TROTSKY , "De Tampico à Mexico"
"Au bas de l'échelle de coupée du Ruth, pétrolier norvégien sur lest, on remet au proscrit Trotsky le petit pistolet automatique confisqué à l'embarquement trois semaines plus tôt. Celui qui a commandé l'une des armées les plus considérables du monde glisse dans une poche tout ce qui reste de sa puissance de feu. C'est un homme d'âge mur, cinquante-sept ans, les cheveux blancs en bataille, à son côté sa femme aux cheveux gris, Natalia Ivanovna Sedova. Ils sont pâles, éblouis par le soleil après la pénombre de la cabine. On voit sur une photographie Trotsky se coiffer d'une casquette de golf blanche et peu martiale. Sur le quai, les accueillent un général en grand uniforme et quelques soldats, une jeune femme aux cheveux noirs tressés montés en chignon. On les accompagne vers la gare de Tampico."

LOWRY, "L'ennemi de la classe débarque à Acapulco"
"Et pour lui les choses ne vont pas très fort non plus côté couple. Il vient de quitter Hollywood où il a cherché en vain un petit contrat de scénariste. Jan et Lowry débarquent du paquebot Pensylvania au milieu d'un grand nuage de papillons jaunes qui tourbillonne sur les eaux bleues du Pacifique. Ils entrent en baie d'Acapulco le premier novembre, el Dia de Todos los Santos, ou peut-être le deux, el Dia de los Difuntos, traversent le port parmi les cérémonies funèbres et les musiques joyeuses, les pétards, les tambours et les fumigènes rouges et verts et blancs. Les deux gringos dont les bagages sont constellés d'étiquettes se dirigent vers l'hôtel Miramar. Les hauts talons des escarpins rouges se tordent aux ornières. Jan, dont il fera Yvonne dans le Volcan, est de "ces femmes d'Amérique à l'agilité gracieuse dans l'allure, au visage clair et radieux d'enfant sous leur hâle, au grain fin de la peau luisant d'une lumière satinée."
Lowry a vingt-sept ans, un physique de boxeur, les doigts trop courts pour atteindre l'octave au piano comme à l'ukulélé. Il vient de subir sa première cure de désintoxication alcoolique."


A noter que la comédienne Marie-Joséphine Susini (Zouzou) donnera la représentation de son spectacle "Gelsomina" le samedi 13 décembre 2014 à 22 heures au Tavagna Club de Talasani.

15/04/2015

"Bastia pour dames", premier roman érotique corse

 

 
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Ce roman pour public averti, publié en mars 2013, est à la fois le premier roman érotique corse et aussi le récit d'une expérience putassière. François-Xavier Luciani s'interroge ainsi sur le désir féminin "Y-a-t-il une plus évidente affirmation du désir que le paiement?

 

François-Xavier Luciani
François-Xavier Luciani
Ainsi devient-il "professionnel" permettant à ses clientes d'exercer leurs boulimies sexuelles au sein de relations saines et discrètes. Les femmes de Bastia, des années 90, sont les héroïnes de ce roman, ou plutôt de cette confession d'un putain. Par souci de vérité, François-Xavier Luciani, qui habite Bastia, écrit sous sa véritable identité. Mais sa confession demeure respectueuse, sans étalage de vulgarité et romancée pour respecter l'anonymat des clientes bastiaises.

La profession de foi de François-Xavier Luciani réside dans cette citation : "Je ne me vends pas, je me fais payer!" Précisant : "En me faisant payer, j'offre aux femmes la légèreté du moment et l'inconséquence des actes."

François-Xavier Luciani écrit depuis l'adolescence, mais son travail d'écrivain débute véritablement en 1994. "Bastia pour dames" a été rédigé en 1995.
François-Xavier Luciani est également l'auteur de plusieurs autres manuscrits; romans : (Subjonctif, MatHum); essais (Suicide Trash, Trop, Rhetorikland); scénario (Osana); pièce de théâtre (Thalamus & Cortex).

 

"Bastia pour dames", premier roman érotique corse

- Vous semblez définir votre livre "Bastia pour dames" comme étant le premier roman érotique corse. Pensez-vous que l'érotisme est absent sur notre île? Le sexe est-il un sujet tabou?

- Je ne définis pas mon texte comme le premier roman érotique corse. C'est mon éditeur qui constate un fait... A ce titre, je m'attendais à un accueil bien plus "moralisateur" de la part des insulaires. Cette attente d'une réaction négative qui n'est pas venue est signifiante de deux choses. Nous (les corses) fonctionnons dans l'autocensure alors que nous sommes ouverts d'esprit. C'est un paradoxe plutôt positif parce qu'il dénote du respect et de l'intelligence. En croyant que s'exprimer sans tabou va offusquer le plus grand nombre, les corses se comportent avec pudeur. Mais lorsque l'un d'entre-nous ose écrire sur le sexe en Corse, dans la mesure où il se montre respectueux de l'anonymat et de la bienséance, son texte est finalement bien reçu car cela casse une image de pudibonderie que nous subissons bien plus que nous la cultivons.

En Corse, le sexe n'est pas tabou, la vulgarité si !

 

- Avec le titre "Bastia pour dames, confession d'un putain" est-il vraiment nécessaire de préciser que le livre s'adresse à un public averti ?

- L'éditeur (Albiana/Au coin de la rue) l'a jugé utile car le sous-titre est écrit en petits caractères. Et, il faut le dire, Guy Firroloni (fondateur de la maison d'édition) s'est évité ainsi d'inutiles procès.

 

- Le héros du roman porte votre prénom... Ne vous mettez-vous pas en danger?

- En danger de quoi? L'art de la magagne auquel nous sommes tous rompus en Corse nous prépare plus que dans d'autres cultures à des lectures au deuxième voire au troisième degré.

 

-  Vos lecteurs sont-ils en majorité des hommes ou des femmes?

- D'après ce que je constate, neuf de mes lecteurs sur dix sont des femmes.

 

- Les lecteurs masculins ne sont-ils pas un peu envieux du succès que le héros a pu avoir auprès de la gent féminine?

- Peut-être, mais sans le dire explicitement. J'ai relativement peu de retour de lecture d'homme sur le site www.bastiapourdames.com . Les femmes s'y expriment volontiers par contre, et toujours de façon pertinente, j'en suis souvent ému. L'une d'entre elles a résumé clairement son sentiment en me disant qu'elle s'était sentie "mise à nue en temps que femme"... Imaginez ma fierté d'écrivain!

 

- Pourquoi situer l'action du roman à Bastia? C'est une petite ville de province insulaire. N'avez-vous pas trop choqué les "âmes sensibles"?

- Oui "Bastia pour dames sensibles" eut pu en être un titre cohérent. Mais, là encore, les femmes corses en général et les bastiaises en particulier m'ont fait un accueil plutôt complice. J'ai eu des échanges intellectuels très positifs dans les cafés littéraires; sur le site www.musanostra.fr ; à la bibliothèque de Lupino où Annick Donsimoni m'a fait l'honneur de m'inviter; durant mes dédicaces et autres événements littéraires comme l'interview de Philippe Martinetti sur Via Stella. Mon quatrième de couverture parle "des femmes de Bastia que l'on imaginait plus sages" avec juste raison. Jeanne Tomasini, l'écrivain, âgée de 93 ans, a beaucoup apprécié mon texte. Elle s'est révélée plus jeune d'esprit que d'autres femmes dont elle aurait pu facilement être la grand-mère.

 

- Le livre est-il acheté sans trop de pudibonderie? Avez-vous des échos de la réaction du public insulaire?

- Il n'y a pas de réaction type. Essentiellement partagées entre l'attirance ou la répulsion franches, rares sont les personnes qui restent indifférentes à l'association du titre et du sous-titre. Mais j'ai trop peu de réactions négatives à mon goût. Peut-être que les vrais détracteurs n'osent tout simplement pas se manifester.

 

- Pour les amoureux de littérature qui ne connaissent pas votre ouvrage pouvez-vous lever un peu le voile? Donner envie de le découvrir?

- Donner envie c'est séduire. Je ne cherche pas à séduire ceux qui veulent uniquement du texte chaud ou qui utilisent mon roman comme un ouvrage à clés pour tenter de mettre un visage sur les héroïnes bastiaises que j'évoque. Les amoureux de la littérature représentent l'essentiel de mes "admirateurs". Ils reconnaissent combien je suis avant tout mû par le plaisir de la langue.

Pour donner envie de découvrir ce texte, je dirais qu'outre la narration des aventures de François-Xavier qui en vient à se faire payer parce que c'est le meilleur moyen pour lui de s'assurer du désir féminin, cette confession explore de nombreuses questions existentielles sur ce lien de rencontre qu'est la sexualité.

 

- Qu'elle est votre actualité?

- Je viens de terminer un roman "MatHum", thriller d'anticipation. Je réponds à de nombreuses invitations littéraires. Je suis sollicité pour participer à des manifestations sur le continent. Je prépare des conférences.

 

- Avez-vous des projets en cours?

- J'ai toujours plusieurs textes qui mijotent. Vient le moment où je m'isole pour trois ou quatre mois, pour écrire. Chaque fois que je pose le mot "fin" c'est un mélange entre sentiment d'accomplissement et regret que cela s'arrête.

 

- Que peut-on vous souhaiter pour 2014?

- De voir publier un ou deux autres livres. Que mes textes rencontrent le monde du cinéma ou du théâtre. Que je sois mis enfin en présence de ce lectorat pour qui j'écris depuis vingt ans.

 

En conclusion de cet entretien avec Corse Net Infos, François-Xavier Luciani a tenu à s'exprimer sur son art, à savoir l'écriture :

 "L'écriture est une pratique qui inscrit le lecteur dans une temporalité : la lecture. Cette lecture est un acte. Ainsi, au sens propre du terme, l'écriture est interactive même si elle ne s'inscrit pas dans l'immédiateté. Elle fait appel à un savoir savant du lecteur : sa connaissance de la langue et du champ culturel qui en est le référentiel; mais elle fait aussi appel à un savoir profane, celui du corps, de la sensibilité, de l'imaginaire. L'imaginaire est collectif, l'auteur ne peut en exiger l'exclusivité. C'est ainsi que l'écriture se comporte comme un médium. Au sens d'outil de communication. Un outil particulier puisqu'il traverse le temps. Les textes d'Aristote ont été écrits il y a vingt trois siècles et ils ne cessent de communiquer une pensée en devenir. C'est là, dans cette intemporalité de la pensée, que se trouve le sel de l'écriture. Même lorsque j'y introduis un peu de soufre !"

"Cosa ci sarà sta sera o teatru?", le dernier livre de Georges de Zerbi

Lorsque le nom de Georges de Zerbi est prononcé, les visages s'éclairent tant ce bastiais bénéficie d'une bonne notoriété et est impliqué dans la vie socio-politico-culturelle de la cité. Professeur d'Italien, Français, Latin et Corse au collège du Vieux Lycée, de 1978 à 2007 il a été unanimement apprécié pour son enseignement et ses valeurs humaines par plusieurs générations d'élèves. Après des études supérieures d'Italien à Paris Sorbonne puis à Nice, Georges de Zerbi avait été nommé professeur à Aix en Provence, de 1974 à 1978, avant de réintégrer définitivement Bastia. Il nous parle de son dernier livre "Cosa ci sarà sta sera o teatru?"

 

Bastia : "Cosa ci sarà sta sera o teatru?", le dernier livre de Georges de Zerbi
- Depuis quand écrivez-vous?
- J'ai commencé la rédaction de mon premier roman en 1989 mais mes charges de professeur m'ont empêché de mener à bien mon projet. C'est à la retraite, en 2007, que je reprends l'écriture de ce livre et le termine. "L'ùltima Pàgina" sera publié en 2009 (ed. Albiana/CCU). Mon second roman "U rimitu di collu à Boziu" est publié en 2011 (ed. Albiana/CCU).Mon troisième, et dernier, ouvrage "Cosa ci sarà sta sera o teatru?" a été publié en décembre 2013 (ed. Colonna d'Istria). 


- Quels sont les sujets de vos livres?

- "L'ùltima pàgina" (La dernière page) retrace l'histoire d'un Corse de Marseille dans son village natal dans les environs de Bastia qui découvre une réalité différente de celle qu'il imaginait lorsqu'il était sur le continent.

L'action de "U rimitu di Collu à Boziu" (L'ermite de Collu à Boziu) est située à Sermanu. Il s'agit d'un roman ou réalité et fantastique sont étroitement mêlés. Un étudiant de Sermanu doit passer son doctorat à la Faculté des Lettres de Corte. Délaissant les moyens traditionnels de la recherche, il va entrer en contact avec un ermite mort 200 ans auparavant qui l'instruira sur l'histoire du Boziu.

"Cosa ci sarà sta sera o teatru?" (Qu'y-a-t-il ce soir au théâtre?) ouvre la voie au premier quiproquo du roman. Si le mari se demande ce qu'il peut bien se passer au théâtre ce soir-là au vu de l'agitation bruyante et fébrile qui règne devant la bâtisse, la femme propose la lecture du programme donné dans le journal. L'histoire sera une suite ininterrompue de méprises, jeux de mots, situations comiques que souligne l'utilisation du dialecte de Bastia mis dans la bouche de personnages truculents tels qu'il en existe encore - et en grand nombre - à Bastia, adeptes de la "magagna" et de la dérision bon enfant.

 

- Où l'action de votre dernier roman se déroule-t-elle, et à quelle époque?

- Située de nos jours à Bastia, dans un périmètre limité par la gare et la préfecture au nord et la place du théâtre au sud, l'action met en scène tout ce que l'ancienne capitale génoise compte d'hommes - et de femmes - d'esprit qui tiennent leur faconde et leur verve de la culture multiséculaire fondée sur une forme bien attestée d'humour. 

- Pourquoi avoir choisi d'écrire en Corse? N'est-ce-pas un peu trop confidentiel? Ne prenez-vous pas le risque de frustrer un lectorat qui ne lit que le Français?

- J'ai choisi d'écrire en Corse car c'est un acte militant de défense et illustration de la langue corse et je pense que mon apport est plus utile à la langue corse qu'au Français. Certes, de ce fait, je me donne moins de chances d'être lu mais ni la notoriété à tout crin ni l'écriture comme revenu financier, si tant est que j'y serais parvenu, ne sont le ressort qui me faon avancer.

 

Vos livres vont-ils être traduits en Français? Sont-ils édités à l'étranger?

 - Il n'existe pour l'instant aucun projet de traduction de mes ouvrages en Français. Après son édition, en 2009, mon roman "L'ùltima pàgina" a été aussitôt traduit en Sarde (ed. Condaghes) et en Catalan (ed. Fonoll), et j'en suis très fier! Je dois cela à ma collaboration avec le C.C.U. (Centre Culturel Universitaire) et à Ghjacumu Thiers que je remercie ici pour m'avoir encouragé à éditer mon premier roman.

 
- Avez-vous obtenu des récompenses pour vos romans?
"L'ùltima pàgina" a obtenu le "Prix des lecteurs" de la C.T.C. ainsi que le "Prix du Livre Corse" en 2011.

 

 - Quels sont vos projets?

 - Mes projets immédiats tournent autour de la présentation de mon roman "Cosa ci sarà sta sera o teatru?". Je compte aussi sur les médias (aujourd'hui Corse Net Infos) et les libraires pour faire connaître mes ouvrages. En ce qui concerne mes projets littéraires, j'aimerai traiter dans un roman à venir d'un aspect de l'immigration toscane en Corse.

 

- Avez-vous d'autres livres en cours de rédaction?

 - J'ai un roman historique déjà prêt dont l'histoire se déroule au palais des gouverneurs génois de Bastia : une fiction construite autour de textes historiques d'un grand intérêt.D'autre part, j'écris la suite du roman "Cosa ci sarà sta sera o teatru?".

 

- Vous êtes musicien et pratiquez avec talent l'art lyrique. Envisagez-vous d'écrire un jour un livre sur la musique?

 - Oui effectivement j'ai étudié la musique, obtenant le deuxième prix de conservatoire en chant classique à Nice, un premier prix à Aix en Provence et une médaille d'or à Bastia. J'ai longtemps pensé à centrer un roman autour de la musique. Quelque chose comme "Le fantôme de l'Opéra", de Bastia, bien sûr!

 

- Quels sont vos auteurs de prédilection, français, corses ou étrangers?

 - Mes auteurs de prédilection sont les poètes français de toutes les époques, Dante, Manzoni et Camilleri en Italie et le poète corse Anton Francescu Filippini et Sebastianu Dalzeto pour « Pesciu anguilla ». Mais des pans entiers de littérature corse moderne présentent un intérêt indéniable. Je ne citerai aucun nom parmi les auteurs vivants craignant d’en oublier et de froisser inutilement nos talents littéraires.

 

- Le mois de janvier vient de se terminer... Que peut-on vous souhaiter pour cette année 2014?

- J'espère avoir l'opportunité d'animer des salons littéraires autour de mes romans et faire des séances de signature.

 Et en guise de vœux j’aimerai que l’on me dise que je n’écris pas seulement pour mon plaisir personnel mais pour la satisfaction de quelques-uns.
Odile AURACARIA


Un extrait de "Cosa ci sarà sta sera o teatru?

Bastia : "Cosa ci sarà sta sera o teatru?", le dernier livre de Georges de Zerbi

(l’amichi attàccanu a partita à carte sottu l’ochju prutettore di Luì, u patrone d’u bar. Hanu parlatu di a caccia à l’àcule marine ingiardinata da a Prefettura duve travaglia Antò)

………….

  • O Antò, cun quale ghjochi ? interrugò Luì
  • S’eo mi stava à sente ùn ghjucherìa cun nisunu chì site una massa di ciarlattani.
  • Antò hà a ragiò, ripigliò Luì per circà d’appacià l’affari è difende u so cummerciu. Sè tù e lasci fà, l’àcule marine finìscenu per fatti cum’è ind’è “L’acelli” d’Hitchcock, ti sbòndanu e case è èntrenu à pizzicatti i pedi quand’è tù dormi.
  • O allora, aghjunse Sgiacchì pigliatu da u ghjocu, si mèttenu in parechje, ti pìglianu per i capelli è ti còllanu in Tighjime è cume fai dopu à falà?
  • A credi? dumandò sbiguttitu Antò.
  • È bò! Attaccò Sgiosè. Eo e vecu nant’i tetti. I tittai sò obligati à ligassi osinnò si li pìglianu è vanu à annigalli in altu mà.
  • Dumane a dicu à u Prefettu! Annunziò Antò.
  • Nò, nò, disse Sgiacchì, chì dopu sò capaci à impone u coprifocu à sei ore di sera è partite ùn si ne face più. Tù ùn li di nunda !

(Les amis commencent la partie de cartes sous le regard protecteur de Louis, le patron de bar. Ils ont parlé de la chasse donnée aux goélands menée par la préfecture où travaille Antoine)

  • Antoine, avec qui joues-tu ? demanda Louis
  • Si je m’écoutais je ne jouerais avec personne vu que vous êtes une bande de rigolos.
  • Antoine a raison, reprit Louis pour tenter de calmer les choses et de défendre son commerce. Si tu les laisses faire, les goélands en arrivent à faire comme dans « Les oiseaux » d’Hitchcock, ils te défoncent les maisons et entrent te piquer aux pieds lorsque tu dors.
  • Ou bien, ajouta Jacky piqué au jeu, ils se groupent, te prennent par les cheveux et te montent à Tighjime et après comment tu fais pour redescendre ?
  • Tu crois ? demanda décomposé Antoine.
  • Je comprends ! commença Joseph. Moi je les vois sur les toits. Les couvreurs sont obligés de s’attacher sinon ils les emportent pour les noyer en haute mer.
  • Demain, je le dis au Préfet. Annonça Antoine.
  • Non, non, dit Jacky, car ils seraient fichus d’imposer le couvre-feu à six heures du soir et c’en serait fini de nos parties de cartes. Surtout, ne dis rien !)