15/04/2015

"Paoli : 33 années d'exil et d'engagement" de Francis Beretti

Il y a quelques jours Francis Beretti était reçu à la bibliothèque Tomaso Prelà, par Christian Peri (conservateur des bibliothèques) et Linda Piazza (bibliothécaire) pour présenter son tout dernier ouvrage, édité en janvier 2015 et consacré au double exil de Pascal Paoli en Angleterre.

 

"Paoli : 33 années d'exil et d'engagement"
Francis Beretti est agrégé d'Anglais et Professeur Emérite de l'Université de Corse. Il a publié près d'une centaine d'articles historiques couvrant les XVIIIème, XIXème  et XXème siècles ainsi que des livres dans le domaine de l'étude du XVIIIème siècle et des voyageurs britanniques en Corse. Il a publié "Pascal Paoli et l'image de la Corse au XVIIIème siècle - Le témoignage des voyageurs". Il est aussi l'auteur d'une biographie de Giovan Francesco Galeazzi, qui fut un proche de Pascal Paoli "Un notable dans la tourmente de la Révolution (1757-1829)."
Francis Beretti est devenu historien pour son plaisir, depuis les années 1970. Sa passion pour James Boswell a été déterminante dans sa quête de documents historiques.
Son dernier ouvrage "Pascal Paoli en Angleterre, Trente-trois années d'exil et d'engagement" (éditions Alain Piazzola - Università di Corsica) a nécessité un travail de plusieurs années de recherches et de rédaction.

Double questionnement 
Le lecteur de ce livre est d'abord intrigué par les deux noms d'auteurs inscrits sur la couverture, Francis Beretti et Frances Vivian.  Frances Vivian était une historienne anglaise qui était l'auteure d'un article de 1949 consacré à Pascal Paoli en Angleterre. Cet article est excessivement bien écrit, très fin, très approfondi et aussi très accessible. Francis Beretti n'a jamais rencontré physiquement la co-auteure de cet ouvrage. Il l'a connue par l'intermédiaire d'une amie, et les deux historiens ont échangé une longue et fructueuse correspondance, jusqu'au décès de Frances Vivian survenu en 2001. Frances Vivian, grande érudite, avait effectué un énorme travail, consacré à Pascal Paoli et a laissé à sa mort un manuscrit très fourni dont les références s'arrêtent en 1986. Elle était l'auteure d'un ouvrage consacré au Consul Joseph Smith (1682-1770), collectionneur de tableaux provenant d'Italie et aussi un ouvrage sur Frédéric Prince de Galles (1707-1751) lui aussi grand collectionneur de tableaux. Frances Vivian était férue d'art et de littérature. Elle s'est également intéressée à la vie de Pascal Paoli et à son exil en Angleterre car elle connaissait la Corse où elle est venue en 1943. Elle était aussi passionnée par l'Italie, la peinture, la musique... L'éditeur a souhaité inscrire son nom sur la couverture de l'ouvrage, en tant que co-auteur, par prudence vis à vis de ses héritiers et aussi pour lui rendre hommage car elle avait effectué un gros travail.
Le second questionnement concerne le tableau de Benbridge qui illustre la couverture du livre. Pascal Paoli, sur le champ de bataille, est censé recevoir d'un messager l'information de la défaite de Ponte Novu. Mais cette toile est bien énigmatique. Il s'agit d'un tableau très intéressant, presque de propagande sur lequel Pascal Paoli est représenté comme un chef d'Etat et non comme un chef de guerre. Henry Benbridge était un peintre américain missionné par James Boswell  pour faire deux tableaux de Pascal Paoli. Celui-ci, visible à Morosaglia, et un portrait en pied du Général Corse.

Les exils du général Pascal Paoli

"Paoli : 33 années d'exil et d'engagement"
Après la défaite de Ponte Novu, Pascal Paoli quitte la Corse par Porto-Vecchio et s'embarque pour Livourne sur un navire anglais. D'après Frances Vivian ce départ n'était pas programmé. Le capitaine du bateau ne fait pas partie de la Navy, c'est un civil. Pascal Paoli ne sait pas encore où il va se rendre, ce n'est qu'à La Haye qu'il va prendre contact avec l'ambassadeur de Grande Bretagne.
Pourquoi est-il parti à Livourne? Deux éléments semblent favorables à ce choix. Le premier est qu'il y a une importante communauté corse à Livourne composée de groupes de personnes fidèles et actives (Rivarola). Il s'y trouve aussi des anglais, surtout des négociants favorables à Pascal Paoli et très défavorables à Choiseul! Le Consul de Grande-Bretagne à Livourne est par exemple très favorable à Pascal Paoli. Cela était du en grande partie à la visite en Corse de James Boswell  qui avait écrit une sorte de "best-seller" de l'époque : "Le journal d'un tour de Corse, et mémoires de Pascal Paoli", qui a amplifié la lutte de Pascal Paoli qui représente deux idées fortes : la liberté et la patrie. Boswell est très enthousiaste.
Pascal Paoli est acclamé par la foule lorsqu'il arrive à Livourne. Il passe en Toscane et essaie de voir Frédéric afin d'obtenir une aide.  Lorsqu'il arrive en Angleterre, la situation est très complexe. Le roi George III ressent de la gêne vis à vis de Pascal Paoli car celui-ci est un rebelle. Les partisans de la lutte de Pascal Paoli l'ont aidé grâce à une collecte de fonds qui lui ont servi ainsi qu'aux réfugiés corses.


A la même époque en Angleterre, il y a aussi un problème de politique extérieure, on assiste au début de la grogne des colons d'Amérique qui va déboucher sur l'Indépendance.
Pascal Paoli est accueilli par James Boswell et Andrew Burnaby, Consul à Livourne, qui avait effectué un voyage en Corse. James Boswell aidera Pascal Paoli de 1769 jusqu'à la fin. C'est grâce à lui qu'il a eu un buste et une plaque d'ans l'abbaye de Westimster. Pascal Paoli sera témoin, par la signature, au mariage de Boswell en 1769, et il se rendra effectivement en Ecosse en 1771.
Pendant son exil des lettres et correspondances attestent qu'il s'informe de la situation en Corse. Il correspond avec des gens importants. Ainsi, il reçoit une lettre de Catherine II qui lui demande de venir en Russie en 1770 et lui offre un poste important. A Londres, il est reçu par de grands aristocrates qui connaissent un longue tradition de voyages. Ces anglais fortunés et instruits aimaient se rendre en Italie pour de longs mois. L'Italie était une "terre promise" pour l'art, la peinture, la sculpture, la musique, la littérature... Ce sont des connaisseurs d'art, appartenant à des cercles lettrés de Londres, qui rapportent chez eux des chefs d'oeuvres italiens. Ceci créé un lien naturel. L'Italie se trouve transportée à Londres. Les aristocrates londoniens baignent dans cette atmosphère. De ce fait Pascal Paoli va lui aussi fréquenter des artistes, compositeurs, hommes de lettres très connus. Il se trouve introduit dans les cercles les plus distingués. Il fréquente par exemple Samuel Janson qui est un auteur de dictionnaire très célèbre. Pascal Paoli s'intéresse aussi beaucoup à la littérature et à la philosophie et en débat très régulièrement.
Dans ses premières lettres, Pascal Paoli se montre très enthousiaste de l'Angleterre qu'il apprécie pour ses paysages, ses moeurs, le caractère de la population (les anglais étant des gens apaisés) et aussi pour le système constitutionnel de la Grande Bretagne, qui est une démocratie à l'écoute des citoyens.


Pourquoi Pascal Paoli ne s'est-il pas engagé en faveur des rebelles américains? Par fidélité certainement pour la Grande Bretagne qui l'avait reçu et aussi sans doute parce qu'il nourrissait l'espoir que les britanniques allaient changer d'orientation politique vis à vis de Louis XV
1790 voit la fin du premier long exil de Pascal Paoli.
Il repart en Corse à cette date, mais quitte à regret Londres où il avait connu le confort, l'amitié, la reconnaissance...
Il vit en Corse l'épisode de la Révolution. Il connait les amitiés des Bonaparte et de Saliceti qui se délitent en 1793.
Avec le royaume anglo-corse (1794-1796) Pascal Paoli est évincé de la scène politique. On assiste à la montée en puissance de Charles-André Pozzo di Borgo, homme intelligent et très fin qui s'attire les bonnes grâces du vice-roi Elliot.


1795 marque la fin du pouvoir politique de Pascal Paoli. Il connait un nouvel exil. Il est rappelé par le roi George III qui lui concède une pension. Pascal Paoli de retour à Londres veut maintenir son "décoro" et veut être traité avec la dignité qui convient à sa situation. C'est un homme vieillissant, qui n'est plus un chef de guerre, mais un intellectuel et un homme de cour... Il meurt en 1807. Son buste est sculpté par John Flaxman, qui a réalisé un monument de l'amiral Nelson. Une plaque commémorative est apposée dans une nef de l'église qui se trouve au coeur de l'histoire britannique, Westminster. Et cet honneur au vieux général corse mort en exil est loin d'être insignifiant.

Quatrième de couverture

La période d'activité politique de Pascal Paoli concernant son gouvernement de la Corse face à la domination génoise (1755-1769) est bien étudiée et documentée, par les historiens et biographes du chef corse, ainsi que le rôle qu'il a joué pendant la période révolutionnaire, et sous le régime du royaume anglo-corse (1790-1795).
En revanche, les deux séjours que Paoli a effectués en Angleterre, de 1769 à 1790, et de 1795 jusqu'à sa mort survenue en 1807, sont longtemps restés dans l'ombre. On en comprend aisément la raison : à ces moments-là, Paoli n'est plus en position de peser sur les événements, et les Etats pour qui la Corse pourrait représenter un enjeu ne s'intéressent pas au général en exil.
On se propose dans le présent ouvrage de mieux éclairer la "période anglaise" de Paoli en s'appuyant sur sa correspondance, toujours en cours de publication, sur la monumentale édition des "papiers" de James Boswell dirigée par l'Université de Yale, et sur un manuscrit
dactylographié inédit d'une historienne anglaise, Mrs Frances Vivian.
On voit que Pascal Paoli était reçu parmi l'élite de la nation anglaise, dans un pays où le roi George III et certains cercles littéraires et aristocratiques lui prodiguèrent un accueil respectueux et généreux; dans un pays où, en définitive, il passa près de la moitié de sa vie.

"Les maîtres de chant" de Marie Ferranti

 

Dernièrement Marie Ferranti était l'invitée de la bibliothèque Tommaso Prelà, où en présence de Christian Peri (conservateur des bibliothèques), de Linda Piazza (bibliothécaire) et Marie-Jean Vinciguerra (écrivain, animateur du débat), elle a présenté sa dernière oeuvre "Les maîtres de chant".

 

Marie Ferranti présente "Les maîtres de chant"
Marie Ferranti déclare que le chant à toujours fait partie de sa vie. Elle est donc au coeur du sujet avec ce livre dans lequel elle s'intéresse à la polyphonie corse, et à travers cet art plus particulièrement à Petru Guelfucci et I Campagnoli, qu'elle a suivis pendant plusieurs mois.
Petru Guelfucci, elle l'a rencontré chaque mercredi, à l'église Saint-Roch de Bastia où il animait un atelier de chant avec des jeunes gens dans le cadre de l'association "Cantu in paghjella", leur apprenant la polyphonie corse mais aussi des chants religieux en latin (messe des vivants, messe des morts, sanctus, kyrie...).
Le groupe I Campagnoli, elle l'a accompagné dans ses tournées à travers toute la Corse, assistant fréquemment aux répétitions, découvrant ou redécouvrant aussi des lieux de culte du Nord au Sud de l'île (cathédrale du Nebbio, église grecque de Cargèse, chapelle de Sainte-Lucie de Porto Vecchio...) préparant avec eux la belle aventure de Cors'Odissea, dont un concert du groupe précédé d'une exposition d'art contemporain, ont enchanté le public bastiais à la fin septembre dernier, en ouverture de la saison théâtrale.

Un récit comme un "mille-feuille"

Marie Ferranti présente "Les maîtres de chant"
D'abord reconnue comme romancière, Marie Ferranti a amorcé un virage en écrivant "Une haine de Corse"; elle a persisté dans cette voie, en publiant la chronique "Marguerite et les grenouilles", et avec ce troisième ouvrage "Les maîtres de chant", récit qu'elle définit comme un "mille-feuille" l'écrivain persiste et signe!
Cette oeuvre est un livre improbable, qu'elle ne s'attendait pas vraiment à écrire. Un livre bilingue écrit en corse et en français, qui fut rédigé très vite et où Marie Ferranti ose se dévoiler, mais se raconte toujours brièvement avec pudeur et authenticité. Ce récit se déguste comme un roman, il est captivant.


On n'y trouve aucune longueur, aucun snobisme littéraire. Tout sonne juste. C'est un beau livre dédié à l'amitié et aux arts. Oui, aux arts, car même si la musique domine ici, elle laisse la place aussi à la poésie, à la littérature, aux arts plastiques. Il ne pouvait pas en être autrement.
Tout d'abord, avant d'être écrivain Marie Ferranti est une grande lectrice imprégnée par la lecture de génies de la poésie (Baudelaire, Aragon, Lorca...) à qui elle ne pouvait que rendre hommage. Par ailleurs, au fil de ses pérégrinations l'auteure a découvert que la Corse regorgeait, dans tous les domaines, de talents connus ou en devenir. Le lecteur a plaisir à l'entendre évoquer des écrivains contemporains tels que Jacques Fusina, Jacques Thiers ou Jean-Claude Rogliano, les plasticiens Jean-Paul Pancrazi, Ange Leccia, mais aussi les musiciens, Jean-Paul Poletti ou le mythique groupe Canta U Populu Corsu...



Ce livre ce sont aussi des impressions, des senteurs, des parfums, des goûts, des sons. Tous les sens sont en éveil. La mélancolie est présente aussi avec des souvenirs d'enfance (chants de bergers, grand-mère qui pique à la machine, préparation des migliacciolli...). Marie Ferranti, en guide fidèle et précise, nous invite a regarder ce que nous ne voyons plus... Ainsi, elle nous fait revisiter des lieux, l'église Saint-Roch, que nous bastiais fréquentons souvent par obligation lors de funérailles, dans ces moments là, nous n'admirons pas le style baroque de cet édifice, son Saint-Sébastien, joyau du XVIIIe siècle, ses murs tendus de damas rouge... mais aussi la route départementale 82 qui conduit du col de Teghime jusqu'à Bastia en passant par Suerta et Saint-Antoine... Marie Ferranti, avec ce récit très élégant, et d'une grande honnêteté, est un peintre des mots, un peintre impressionniste ou pointilliste appliquant des touches de couleurs légères mais précises. Ce livre "mille-feuille" est un rendez-vous de l'Art dans ce qu'il a de plus beau, de plus noble.


Marie Ferranti multiplie les références littéraires citant souvent de grands maîtres de la poésie des siècles passés, et rendant aussi hommage à Federico Garcia Lorca : "Quand j'avais dix-sept ou dix-huit ans, je vénérais Federico Garcia Lorca. A mes yeux, il figurait parmi les écrivains de légende : Baudelaire, Rimbaud, Lautréamont, Breton, Apollinaire, Artaud. Sa mort terrible - il fut fusillé en 1936 par les affidés de Franco - l'auréolait d'une gloire tragique indépassable. Je l'aimais." Marie Ferranti rend hommage à Federico Garcia Lorca par la poésie "LE DUENDE" (page 86) :

"Le silence suivit son chant
Ce n'était pas ses amis
Ou sa famille
C'était des connaisseurs
Venus de toute l'île
Pour l'écouter
Il y avait Petru le berger
Qui restait la bouche close
Ghjacumu le poète
Qui portait une bague bleue
A l'annulaire
Maria
Enveloppée dans un châle
De soie verte et bruissante
Et Paulu
Qui est à moitié gitan
Avait les mains posées à plat
Sur la table"
(...)

Des considérations sur l'Art et son devenir, sans langue de bois

En femme de son temps, écrivaine, artiste, amoureuse des arts et lettres, Marie Ferranti ne peut que réfléchir sur le statut de l'artiste et son devenir.

"L'artiste n'est pas au-dessus du monde. Il est le monde. Il doit nous faire rêver, pas nous embrigader."

"Les écrivains ne sont pas des rêveurs. Comme ils ne voient pas la même chose que les autres, on les range dans cette catégorie par commodité. On ne les comprend pas pour cette raison même et l'on s'aperçoit après leur mort qu'ils avaient saisi l'essence de leur époque avant tout le monde. C'est la règle de l'art."

"Rien n'a changé. Les artistes corses ont toujours autant de difficultés pour exister, transmettre, créer. Ils sont soumis à des aides publiques qui tardent ou sont refusées. Par ces temps de crise, derrière laquelle il est aussi confortable de se réfugier, tout semble plus important que la culture. Il sera trop tard sans doute pour s'apercevoir que rien n'est plus essentiel." Marie Ferranti est contrainte de faire cet amer constat, en apprenant que les ateliers de Canta in paghjella, dont Petru Guelfucci était le maître, privés de subventions ont du cesser leurs activités.


Comment les éditions Gallimard ont-elles accepté ce projet?
Il est vrai que ce livre bilingue corse-français aurait pu poser un problème tant il pouvait passer pour un acte politique voire nationaliste. Après lecture de ce récit, l'éditeur, Antoine Gallimard s'est précipité pour acheter des albums de polyphonie corse, il avait été conquis!  
Cors'Odissea est le prolongement de ce livre et Antoine Gallimard accepte de participer au projet. La maison d'édition s'est donc impliquée au-delà du livre. C'est une belle avancée, mais le partenariat est très compliqué à mettre en place pour l'instant en Corse.

Quatrième de couverture

"L'art poétique des polyphonies corses, connu de moi dès l'enfance, m'a portée à aimer le baroque, Ovide, le chant grégorien, les sonnets de Shakespeare, l'expression du désir anéanti, du désastre, de la langue perdue, Giotto, Piero della Francesca, la couleur terre de Sienne, les gisants napolitains, l'Iliade d'Homère, les messes des morts, le Miserere d'Allegri, les lamenti, la profonde solitude, Les Regrets de Du Bellay, l'amitié de haute valeur, la révolte, le vertige du ressassement et, par-dessus tout, l'instinct artistique."
Né d'une pérégrination dans divers lieux de concerts de l'île et d'une réflexion sur la musique et sur l'art, ce récit nous invite à une flânerie chaleureuse dans l'imaginaire corse, qui touchera les amateurs de musique, au-delà des aficionados de la polyphonie insulaire.

Marie Ferranti

Marie Ferranti, romancière et essayiste, a déjà publié dix ouvrages aux Editions Gallimard, dont plusieurs ont été récompensés par des prix  prestigieux :

- 1995, "Les femmes de San Stefano", roman. Prix François Mauriac de l'Académie française
- 1999, "La chambre des défunts", roman
- 2000, "La fuite aux Agriates", roman
- 2002, "Le paradoxe de l'ordre"
- 2002, "La princesse de Mantoue", roman. Grand Prix du roman de l'Académie française 2002
- 2004, "La chasse de nuit", roman
- 2006, "Lucie de Syracuse", roman
- 2008, "La Cadillac des Montadori", roman
- 2012, "Une haine de Corse", histoire véridique de Napoléon Bonaparte et de Charles-André Pozzo di Borgo. Prix du livre corse, prix du Mémorial de la ville d'Ajaccio.
- 2013, "Marguerite et les grenouilles"
- 2014, "Les maîtres de chant", récit